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Le Baladin et le miroir de la Balance

4 oct.
2 min de lecture
Symbole Yin/Yanh

Infatigable, tu chemines encore.

Tu as traversé bien des terres, rencontré bien des paysages. Mais cette fois, le chemin ne semble plus s’ouvrir si naturellement devant toi.

Quelqu’un se tient là.


Un autre visage.

Un autre regard.

Une autre manière d’habiter le monde.


Et soudain, ta marche change.

Tu ne peux plus avancer comme si tu étais seul.


Tu entres dans le territoire de la Balance.

Ici, tout se joue dans cet espace subtil qui existe entre toi et l’autre.


Ce que tu offres.

Ce que tu attends.

Ce que tu acceptes.

Ce que tu refuses.


Car l’autre ne vient pas seulement à ta rencontre.

Il devient miroir.

Dans son regard, tu découvres ce que tu aimes en toi.

Mais aussi ce que tu préférerais ne pas voir.


Une parole t’attire.

Une attitude t’irrite.

Une présence te bouleverse.

Tu admires.

Tu juges.

Tu désires.

Tu rejettes.


Et tu crois que tout cela parle de l’autre.

Pourtant, quelque chose en toi résonne.

Car ce qui te fascine comme ce qui te dérange révèle parfois une part de toi-même demeurée

dans l’ombre.


L’autre devient alors cet étrange miroir où l’inconnu en toi prend un visage.

Alors tu cherches l’équilibre.

Tu arrondis les angles.

Tu écoutes. Tu consens.

Tu voudrais que la rencontre demeure belle.



Une main tend à une autre main un cœur symbole d'amour.

Mais peu à peu, une autre question apparaît :

Jusqu’où peux-tu aller vers l’autre sans t’éloigner de toi-même ?


Car l’harmonie possède aussi son ombre.

À vouloir éviter le conflit, tu peux taire ta vérité.

À vouloir être aimé, tu peux devenir ce que l’autre attend.


À vouloir préserver le lien, tu peux finir par t’abandonner toi-même.


Et la Balance vacille.

Peut-être fallait-il qu’elle vacille.

Tu comprends alors que l’équilibre n’est pas l’immobilité.

Il est vivant.

Il se perd.

Il se cherche.

Il se retrouve.


Comme ton corps qui, à chaque pas, accepte un instant le déséquilibre pour pouvoir avancer.

L’équilibre n’est donc pas l’absence de tension.

Il naît de ta capacité à demeurer présent au cœur de celle-ci.


Alors tu ne cherches plus à faire disparaître ce qui vous sépare.

Tu apprends à rencontrer la différence.

Entre toi et l’autre.

Entre ton désir et le sien.

Entre ce que tu offres et ce que tu préserves.


Tu rencontres sans te perdre.

Tu écoutes sans disparaître.

Tu aimes sans renoncer à être.

Et peut-être découvres-tu enfin que la relation véritable ne demande ni de vaincre l’autre, ni de te soumettre à lui.

Elle demande que chacun puisse exister.


Et doucement, tu comprends :

L’autre n’est peut-être pas celui qui doit te compléter.

Il est parfois celui qui te révèle.


Alors tu reprends ton chemin.

Non plus seul contre le monde.

Non plus dissous dans le regard de l’autre.

Mais relié.


Et parce que tu as rencontré l’autre…

un peu plus conscient de toi-même.

Et toi…

Quelle part de toi abandonnes-tu encore pour préserver l’harmonie ?

1 commentaire

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Invité
08 oct.
Noté 5 étoiles sur 5.

Grande vérité à se remémorer pour avancer sur son chemin, soi avec soi-même dans la profondeur de son être, et, soi avec les autres dans l'harmonie et l'équilibrage des différences comme un tout que nous sommes dans la vibration de la Source.

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