Peut-on se libérer de ses ancêtres en les reniant ?
Certains parcours thérapeutiques nous apprennent à nous séparer pour revenir à l’essentiel…
Reconnaître les blessures de l’enfance, les comportements qui nous ont fait souffrir, les fidélités familiales qui nous enferment et les répétitions que nous ne voulons plus transmettre.
Cette démarche est parfois nécessaire. Mais une question me semble moins souvent posée : Pour nous libérer de notre passé, devons-nous nécessairement renier ceux qui l’ont porté avant nous ?

C’est peut-être ici que notre rapport aux ancêtres mérite d’être interrogé. À la transmission psychologique et familiale, certaines traditions ajoutent une autre dimension aussi essentielle… celle du karma.
L’étude symbolique d’un thème astral peut, par exemple, mettre en lumière ce que l’astrologie karmique interprète, non comme une culpabilité, mais comme une répétition, un héritage ou des expériences que l’individu est appelé à rencontrer autrement.
Je ne parle pas ici d’une condamnation écrite à l’avance, ni d’une dette dont nous devrions nous acquitter pour les fautes de ceux qui nous ont précédés. La question serait plutôt…
Pourquoi certains récits reviennent dans notre vie jusqu’à devoir intégrer un nouveau regard ?
Dans une famille, les mêmes difficultés peuvent réapparaître sous des formes différente…
Abandon, dépendance, silence, violence, peur d’aimer, méfiance, honte, besoin de contrôler…
La psychologie peut y reconnaître des mécanismes de transmission intergénérationnelle. Une lecture spirituelle pourra y percevoir une dimension karmique. L’astrologie pourra en proposer une lecture symbolique, même parfois assez précise.
Les langages diffèrent, mais la question demeure…
Que vais-je faire de ce qui m’a été transmis ?
Nous ne sommes peut-être pas responsables de l’histoire que nous recevons. Mais nous devenons responsables de la manière dont nous la transmettons. Il existe aussi des fidélités familiales plus difficiles à reconnaître.
Un enfant peut se rapprocher du parent qu’il perçoit comme le plus vulnérable, adopter progressivement une partie de son récit projeté en sa mémoire pour regarder l’autre parent à travers une histoire qui n’est pas totalement la sienne.
Il ne s’agit pas nécessairement d’une manipulation consciente. Cela peut naître du besoin de protéger, d’appartenir, de ne pas abandonner celui que l’on croit fragiliser.
Mais cette fidélité peut devenir une manière de penser, puis surtout inconsciemment une manière de juger. C’est ainsi que certaines représentations traversent les générations… Notre rapport à l’abandon, à l’alcool, à l’argent, au corps, à la sexualité, à la liberté ou à l’autorité.
Renier un parent ne signifie donc pas nécessairement s’être libéré de ce qu’il représente. Ni de l’esprit qu’il évoque. On peut éloigner quelqu’un de sa vie et continuer, autrement son existence en réaction confuse à ce qui est affirmée. La dépendance demeure alors, mais sous une autre forme.
Et une question plus spirituelle apparaît…
Pouvons-nous réellement évoluer si nous refusons de reconnaître les réalités dont nous sommes issus ?
Reconnaître ne signifie ni approuver, ni pardonner à tout prix, ni revenir vers ceux qui nous ont blessés. Cela signifie pouvoir regarder notre histoire telle qu’elle est, sans avoir besoin de l’effacer systématiquement pour assurer ce que nous sommes.
Car peut-être que l’évolution spirituelle ne consiste pas à nous couper de nos racines, ni à continuer d’exiger d’elles une réponse pour pouvoir décider de ce que nous allons devenir.
Et si nous remontons au principe de la réincarnation, certaines traditions considèrent que l’âme rencontre ces étapes nécessaires jusqu’aux parents mêmes, modelant les premiers piliers ou archétypes de ses explorations, à travers lesquelles nous aurions à évoluer.
Nous serions alors venus au monde, pour être appelés à transformer ces concepts et participer en quelque sorte au profil d’une nouvelle société.
Jamaël pour SAMAUMA





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